TEMOIGNAGES D’ACCOMPAGNANTS DANS LA REVUE

Depuis sa création, La Revue Jalmalv publie des témoignages d’accompagnants. Ceux-ci, de nature différentes, sont tous la relation d’accompagnements et/ou une réflexion sur cette pratique. La rédaction de la Revue souhaite en éditer et ce, en lien, le plus possible, avec les thèmes à venir. Afin que vous puissiez rédiger votre témoignage nous vous les communiquons.
Merci de lire (clic sur la ligne) scrupuleusement les recommandations aux auteurs.
Les témoignages doivent être adressés à l’adresse courriel suivante: e.kiledjian@hotmail.fr .

 

Le numéro 148 de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie,  à paraître en mars 2022 sera consacré au thème:
Il y a du plaisir à prendre soin, à le faire bien   

Comment évoquer le « bonheur » de travailler en soins palliatifs, sans honte et sans utopie, sans dolorisme ? Il y a du plaisir à prendre soin, à le faire bien, de la joie même à faire quelque chose ensemble. Les soins au cours d’une maladie grave, d’une fin de vie, ne sont-ils pas toujours une surprise, une quête, une énigme, une co-construction, où s’accordent ensemble, avec plaisir et déplaisir, des personnes engagées, impliquées les unes envers les autres ?
Ce sont des sujets qui se rencontrent dans le soin, et dans chaque rencontre il y a l’expression, parfois l’encouragement, à désirer encore, à innover, à rêver, à créer… Quelles sont les valeurs qui portent et que portent les professionnels de santé, les bénévoles d’accompagnement, en soins palliatifs ? Qu’est-ce qui donne du sens, de l’intérêt, du plaisir aux professionnels ? À quoi tiennent les soignants ? Qui sont-ils ces professionnels ? Quel est l’essentiel pour eux pour bien vivre au travail ?
Peut-on témoigner que certains patients goûtent encore au plaisir de vivre même dans la maladie grave ? Qu’est-ce qu’un projet de vie en soins palliatifs sans déni de la mort ? Bonheur, joie, plaisir, absence de souffrance, est-ce la même chose ?
Qu’est-ce qui rend heureux ?

 

Le numéro 147 de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie, à paraître en décembre 2021 sera consacré au thème:
A propos d’euthanasie   

Nous recherchons des analyses sur la base de rencontres, d’une rencontre avec une personne malade ou sa famille, dont la demande de mort me fait vivre une sorte de béance (c’est-à-dire pas une réponse toute prête) ou m’inspire, pousse à rechercher au fond de moi comme professionnel, une ressource, un sens pour la personne – et pour moi-même – discerner quelle est la demande profonde, peut-être de l’ordre de la peur (de souffrir, d’être abandonné, d’être méprisé, d’être encombrant) ?
Le sujet de la dépénalisation de l’euthanasie est récurrent. Il existe manifestement une pression sociétale qui soutient des initiatives législatives. Notre projet pour ce numéro est de privilégier une approche mettant en jeu le colloque singulier : une personne malade ou un membre de sa famille d’une part, un professionnel de santé voire un influenceur politique d’autre part. Dans quelques cas en effet, il nous semble pouvoir reconnaitre qu’une demande de mort puisse être comprise et validée, au moins émotionnellement :

  • Il peut arriver que cette demande de mort, singulière, trouve face à elle un soignant que cela déstabilise dans son éthique interne ou d’équipe de ne pas accéder à la demande. N’y aurait-il pas en chacun de – solides – convictions parfois ébranlées par des zones d’interpellations profondes ?
  • Dans cette configuration de la relation, que me fait vivre ce patient qui demande à mourir ? N’y a-t-il pas nécessité à dépasser les convictions de principe ou les positions militantes pour s’expliquer avec soi-même ?
  • L’implication dans une position « fraternelle », une solidarité entre malades et bien-portants, n’est-elle pas indispensable ? S’agirait-il de ne pas se dérober et d’aider à mourir ? Ou bien accepter l’appel de l’extrême solitude de celui qui souffre ?
  • Quand il s’agit des élus engagés dans les débats parlementaires, n’y a-t-il pas une certaine méconnaissance pratique de ce que proposent les soins palliatifs et de ce que vivent les malades, puis le poids d’évènements dans leur propre vie ou entourage qui les conduiraient à prendre davantage en compte cette pression sociétale ? L’approche politique ne serait-elle pas de considérer que ce que tu décides me concerne et m’oblige ?
  • S’il faut valider ou accuser réception de telle demande, que signifie comprendre le propos de celui qui exprime le désir « d’abandonner la partie » : de mon côté cela ne rencontre-t-il pas certaines fois ma propre limite de soignant, une tendance à abandonner moi-même une élaboration construite par manque d’énergie ou de ressource ?