TEMOIGNAGES D’ACCOMPAGNANTS DANS LA REVUE

Depuis sa création, La Revue Jalmalv publie des témoignages d’accompagnants. Ceux-ci, de nature différentes, sont tous la relation d’accompagnements et/ou une réflexion sur cette pratique. La rédaction de la Revue souhaite en éditer et ce, en lien, le plus possible, avec les thèmes à venir. Afin que vous puissiez rédiger votre témoignage nous vous les communiquons.
Merci de lire (cliquer ici) scrupuleusement les recommandations aux auteurs.
Les témoignages doivent être adressés à l’adresse courriel suivante: e.kiledjian@hotmail.fr .

Le numéro 140  de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie, à boucler fin décembre sera consacré au thème:
Rites et rituels dans le processus du deuil
L’accomplissement de rites funéraires, qu’ils soient institutionnalisés ou plus spontanés et novateurs, joue-t-il un rôle dans le déroulement du deuil ? Le deuil est-il affecté, et de quelle façon, par les rites accomplis ? Compte tenu du caractère désormais multiculturel de la société, quelle est la place de l’aspect culturel du rite dans le vécu du deuil ?

1 – Les dernières volontés et directives du défunt. Quel impact sur le deuil de ceux qui vont rester ? Le choix du devenir de son propre corps, les directives du défunt sur la conduite de la cérémonie, le contrat obsèques, les références religieuses à mettre en œuvre, le désir de maitrise de l’après, la répartition des objets chéris. Ces initiatives escamotent-elles les vivants de leurs places, négligent-elles leurs besoins.
2 – La sociabilité de la cérémonie, les manifestations de l’émotion individuelle et collective. Quel impact sur le travail du deuil ? Comment l’émotion est encadrée, dictée par les rites ou pas ; les annonces nécrologiques ; durant la cérémonie, le caractère des prises de paroles, les images, les photos ou diaporama, les symboles portés. La tolérance ou pas de l’environnement à l’intensité ou la durée des émotions nées du deuil.
3 – Le lieu de dépôt du corps, l’absence de lieu, l’absence de traces. Son impact sur le processus de deuil. Que faisons-nous des morts ? La place du cimetière, les tombes de famille, l’histoire qui continue, le lieu du souvenir, de la mémoire, d’une certaine stabilité. L’existence d’un lieu de recueillement ou d’un lieu du souvenir favorise-t-il la traversée du deuil ? Quel est l’impact du devenir des cendres, de leur dispersion dans un lieu significatif investi de sens ?
4 – Rituels d’autrefois, rituels d’aujourd’hui : évolutions. Le travail du deuil s’en ressent-il ? Pourquoi le rituel figé depuis des siècles est-il conservé par certains (musulmans, juifs, catholiques traditionalistes) ou, au contraire repoussé par d’autres ? En quoi certains rituels ne répondent plus aux attentes de beaucoup de contemporains ? L’extension des droits des vivants est-il en cause ?  Sentiment de la justesse de la cérémonie, notion d’« obsèques réussies » : quels critères, quelles conséquences ? Lorsque pas de funérailles, le manque apparait en creux : morts de rue, disparus, etc.

 

Le numéro 139  de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie, sera consacré au thème:
La créativité au service de la vie
Que les soins palliatifs aient à cœur de soutenir la créativité des personnes en fin de vie doit être une évidence. Elles sont exposées à la perspective de la mort, avec un cortège de stress et de peurs, des sentiments de tristesse et d’isolement, parfois des difficultés à élaborer en utilisant le registre de la parole, et en même temps ces personnes sont habitées par des désirs, vivantes  jusqu’au bout dans cet entre-temps.
D’un côté, les médiations artistiques comme l’art-thérapie ou la musicothérapie proposent un « au-delà des mots », pour du plaisir, du jaillissement, de la surprise, des parenthèses de bien-être, une revalorisation narcissique, un moment de lâcher-prise au service d’un besoin d’esthétique ou encore de laisser une trace à son entourage.
D’un autre côté et au-delà des techniques, quelles sont les conditions de la créativité et qui en aurait l’initiative ? Comment ouvrir ce champ des possibles où l’imaginaire et la profondeur peuvent s’exprimer ? Ces approches relativisent la rationalité scientifique, rééquilibrent un possible excès. Les soignants et les accompagnants peuvent s’emparer de cette dimension créative, pour eux-mêmes et au service des malades, pour leur manière d’être dans la rencontre voire dans les questions éthiques.
L’enjeu général serait de laisser la place à la propre créativité du patient, y compris dans son rapport aux soins et aussi à son quotidien, en soutenant sa capacité d’adaptation dans un contexte de crise qui peut mobiliser chez lui des ressources insoupçonnées.