TEMOIGNAGES D’ACCOMPAGNANTS DANS LA REVUE

Depuis sa création, La Revue Jalmalv publie des témoignages d’accompagnants. Ceux-ci, de nature différentes, sont tous la relation d’accompagnements et/ou une réflexion sur cette pratique. La rédaction de la Revue souhaite en éditer et ce, en lien, le plus possible, avec les thèmes à venir. Afin que vous puissiez rédiger votre témoignage nous vous les communiquons.
Merci de lire (cliquer ici) scrupuleusement les recommandations aux auteurs.
Les témoignages doivent être adressés à l’adresse courriel suivante: e.kiledjian@hotmail.fr .

Le numéro 141 de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie, à boucler fin mars sera consacré au thème:
Tensions autour du temps dans les interactions personnelles et en équipe.
Nous souhaitons explorer la question du temps et de la temporalité qui introduit une tension entre les personnes : malades, entourages, médecins, soignants, psychologues, bénévoles d’accompagnement, en tant qu’individus inscrits diversement dans des évènements à vivre, des rythmes institutionnels, des cultures personnelles et collectives.
C’est le temps qui s’écoule, avec des moments favorables ou non, des contre-temps, le temps qui se précipite ou bien qui s’étire. La question, pour le soignant, du « prendre le temps de la rencontre », du manque de temps et de disponibilité, au sens de se laisser déranger dans son programme de soins par exemple. Le handicap qui oblige à la lenteur, à changer de rythme, à accepter d’être à contre-temps des tempos effrénés de la vie en société. L’urgence, par exemple des décisions éthiques cliniques, qui demande de se donner les moyens de se poser en équipe sans attendre. Le temps de parler, celui de l’écoute et du silence.
C’est le temps qui interroge. Les histoires de chacun avec leurs nœuds mais aussi leurs fécondités ; le présent avec la question de la patience et de l’impatience, le temps à attendre, avec la sensation de vide et de perte de sens ; le futur associé à l’espoir ou à la peur de souffrir ou d’être abandonné. Le temps des familles, nécessaire à la compréhension des enjeux, qui n’est pas forcément celui de la personne malade ou celui des professionnels de santé. Le temps angoissé de l’incertitude et de l’indécision, le sentiment d’inutilité et d’inefficacité. Le temps des personnes désorientées dans le temps, justement…
Ce sont les écarts entre des temporalités différentes qui nourrissent de la conflictualité. Par exemple le temps du projet de soins porté par le médecin et le temps de l’étayage par le psychologue, le temps d’ajustement d’un patient et d’une équipe soignante, la disponibilité des bénévoles d’accompagnement et les contraintes de durée de séjour, le morcellement des parcours de soins des personnes malades. Les perceptions différenciées du temps, le rythme et les contraintes de chacun. La manière qu’a chacun d’investir le temps, la dimension culturelle de la conscience du temps.

Le numéro 140  de la Revue Jusqu’à la mort accompagner la vie, à boucler fin décembre sera consacré au thème:
Rites et rituels dans le processus du deuil
L’accomplissement de rites funéraires, qu’ils soient institutionnalisés ou plus spontanés et novateurs, joue-t-il un rôle dans le déroulement du deuil ? Le deuil est-il affecté, et de quelle façon, par les rites accomplis ? Compte tenu du caractère désormais multiculturel de la société, quelle est la place de l’aspect culturel du rite dans le vécu du deuil ?

1 – Les dernières volontés et directives du défunt. Quel impact sur le deuil de ceux qui vont rester ? Le choix du devenir de son propre corps, les directives du défunt sur la conduite de la cérémonie, le contrat obsèques, les références religieuses à mettre en œuvre, le désir de maitrise de l’après, la répartition des objets chéris. Ces initiatives escamotent-elles les vivants de leurs places, négligent-elles leurs besoins.
2 – La sociabilité de la cérémonie, les manifestations de l’émotion individuelle et collective. Quel impact sur le travail du deuil ? Comment l’émotion est encadrée, dictée par les rites ou pas ; les annonces nécrologiques ; durant la cérémonie, le caractère des prises de paroles, les images, les photos ou diaporama, les symboles portés. La tolérance ou pas de l’environnement à l’intensité ou la durée des émotions nées du deuil.
3 – Le lieu de dépôt du corps, l’absence de lieu, l’absence de traces. Son impact sur le processus de deuil. Que faisons-nous des morts ? La place du cimetière, les tombes de famille, l’histoire qui continue, le lieu du souvenir, de la mémoire, d’une certaine stabilité. L’existence d’un lieu de recueillement ou d’un lieu du souvenir favorise-t-il la traversée du deuil ? Quel est l’impact du devenir des cendres, de leur dispersion dans un lieu significatif investi de sens ?
4 – Rituels d’autrefois, rituels d’aujourd’hui : évolutions. Le travail du deuil s’en ressent-il ? Pourquoi le rituel figé depuis des siècles est-il conservé par certains (musulmans, juifs, catholiques traditionalistes) ou, au contraire repoussé par d’autres ? En quoi certains rituels ne répondent plus aux attentes de beaucoup de contemporains ? L’extension des droits des vivants est-il en cause ?  Sentiment de la justesse de la cérémonie, notion d’« obsèques réussies » : quels critères, quelles conséquences ? Lorsque pas de funérailles, le manque apparait en creux : morts de rue, disparus, etc.